la case de l'affreux thom

Monday, February 04, 2008

J.R

Volts et ampères sont de nouveau de la partie, me voilà électrifié, connecté.

Juste envie de me faire plaisir
ce soir, en compagnie de J.R Bailey (1934-1980). James Ray, originaire de Caroline de Sud, a débuté au sein des Cadillacs, il a écrit et composé pour de nombreux artistes soul (Donny, les Turner, Ben E King, Main Ingredient...), il a aussi posé sa voix en support sur d'autres sillons que les siens.


Le titre que j'ai choisi n'est pas forcément celui le plus souvent mis en avant. Il est extrait de l'album "Just me 'N you" de 1974, mais c'est mon préféré :


Enjoy

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Thursday, December 13, 2007

Ike

Les années passent...


Plutôt que d'ajouter d'autres âneries, juste de la guitare et du chant en l'honneur d'un vieux roublard, Ike Turner (1931-2007) :




Ceux qui aiment Ike prendront les liens, ici ou

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Tuesday, December 11, 2007

Bobby & Karlheinz

Malheureusement, la case flirte souvent avec les pages nécrologiques ces temps-ci. La liste funeste s'allonge. J'aurai pu (j'aurai du ?) au fil des mois vous dire un mot au sujet de Willie Tee, Bobby Byrd, Kip Anderson, Mel Cheren...

Ou encore de Stockhausen, aussi surprenant soit-il.

J'ai un drôle de souvenir au sujet de Karlheinz Stockausen, au sommet d'une colline surplombant Barcelone, peut-être Tibidabo, je ne sais plus. En goguette, explorant à pied les coins et les recoins catalans, me voilà au terme d'une ascension épuisante, à l'endroit en question. Déshydraté, un point d'eau se découvre enfin, juste avant de reprendre la descente. L'endroit est accueillant, une terrasse au soleil entourant en long bar.

Encore mal acclimaté aux horaires locaux, le bar est désespérément vide à cette heure de la journée, seul un barman fort occupé au centre démontre que l'endroit est ouvert. La carte des rafraichissements apparait nébuleuse, exotique à souhait et surtout pleine de promesses. Nous établissons le contact tant bien que mal avec le tenancier, ce dernier se targue alors d'être un des meilleurs barmans espagnols, maintes et maintes fois primé. N'écoutant que notre bon coeur, nous suivons les conseils éclairés de ce spécialiste. L'homme dit vrai, le cocktail est délicieux. En si bonne voie, nous passons à l'étape 2 des saveurs, le ravissement nous gagne, l'ivresse aussi. Puis l'étape 3...


Il est temps de rejoindre la ville contrebas, si toutefois nous arrivons à retrouver le chemin de la terre ferme. L'arrêt de bus montre enfin le bout de son nez, en fait il est juste en face du bar, mais cela a dû m'échapper. Nous entamons avec difficulté la conversation avec un autre piéton, fort compréhensif et avenant. C'est en fait un journaliste musical allemand, venu pour le festival Sonar, forcément on "discute" musiques. Le bus arrive. En escaladant LA marche, le chauffeur nous regarde d'un sourire amusé et lance un clin d'œil lointain à notre ami barman.

Notre compagnon allemand nous raconte qu'il assisté la veille au concert de Stockhausen. La machine à composter fait un bruit épouvantable. J'avance à l'intérieur du bus, et je lui demande comment était le concert. Amusé, il composte à son tour le billet, et nous réponds que c'était à peu près comme ce bruit métallique pendant tout le concert... Voilà mon meilleur souvenir de
Karlheinz !


Mais revenons à cette triste liste, Bobby Relf vient de s'y ajouter fin Novembre. Ce nom ne vous dit peut-être rien, de prime abord. Bobby était en fait la moitié du duo Soul, Bob & Earl. Le binôme est formé à la fin des 50's, par Bobby Byrd et Earl Nelson.

Le futur acolyte de James Brown quitte le groupe pour une carrière solo. Earl engage alors Bobby Relf, qui a trainé dans plusieurs groupes de Los Angeles, aux côtés d'une jeune pianiste, Barry White. Bobby écrit, arrange les quelques titres qu'ils enregistrent.

Le dernier single enregistré en 1963, avant leur séparation, sera :


Bobby poursuit une carrière solo, et en parallèle met son talent au profit des autres :


et "Blowing my mind to pieces" (1968 - Transamerican), en vidéo cette fois :




Jump Around Bobby !

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Wednesday, November 21, 2007

De battre la campagne, mon esprit ne s'est pas arrêté

Le temps passe, chers amis, 3ème année d'existence pour la case, qui se maintient sur ses fondations, malgré le vent, l'orage et les tempêtes.

Pas d'inventaire, pas de statistiques, juste une offrande, une sélection sur-mesure.

Pour commencer, revenons au début, à la naissance de cette musique sacrée, aux spirituals. Faisons machine arrière, bande de mécréants, en compagnie d'un fantastique orateur, d'un terrible professeur, Jon Hendricks.
Jon démontre, étaye, l'assistance reste bouche bée. Au bout d'une minute, les chœurs sortent des entrailles de la terre, pour pointer le ciel, sans le défier. Poems, no less, poems, everybody ! Et vous vous retrouvez connecté au monde, à cet arbre, à ce rocher...


Vous avez du mal à sortir de cette église, encore hypnotisés par le sermon, mais reprenons notre route vers le domaine profane. C'est une shouteuse, une prédicatrice sans détours du pur R&B. J'ai la chair de poule, chaque fois que je l'écoute, tant sa voix pénètre au tréfonds de votre âme damnée. Lavern Baker m'a toujours foutu les jetons, dans le bon sens du terme. Cette reprise, elle, me fait fondre en larmes :


Et maintenant, la pépite de l'année, un titre assez difficile à trouver, car il n'est jamais sorti en disque, hormis sur d'obscures compilations dédiées aux labels Quinvy/South Camp/Broadway. Buddy Causey est un chanteur blanc, qui a eu la bonne idée de s'attaquer à une pièce du répertoire : James Brown ! Un pari a priori risqué, une vraie réussite au final. Merci aux archéologues qui ont retrouvé cette bande :



Un ptit break, dans cette station essence de l'Indiana, avec The Whitefield Brothers : de la drogue sur microsillon. A éviter les soirs de débauche...



Elle a toujours été derrière, à côté des plus grands. Plus le temps passait, plus elle s'effaçait derrière des fables qui se révélèrent bien vraies. Clydie King, était sublime avec Jimmy Holiday, brillante avec les Raeletts, pas assez en valeur avec Brown Sugar, mémorable avec Lynyrd Skynyrd... Et puis, simplement belle, avec son premier album solo :


Autre jolie Dame, Alice Clark, à l'allure souveraine, pensive sur la pochette, une femme sous influence, du jazz, de la soul funky, un registre parfaitement adapté à son style vocal :


J'accélère le tempo, avec cette voix grave dans mon dos, je me retourne, Patti Drew croque la pomme sous nos yeux et ne s'en laisse pas conter, vous êtes prévenus :



Pour terminer, une sélection spéciale "coeurs fêlés". Mike & the Censations est submergé, il s'abandonne, impuissant face aux vertiges de l'amour :



Le ton est donné, Family Connection enfonce le clou :


Enfin, une dernière pépite, et de taille, Tyrone Ashley & sa funky music machine nous plonge dans la méditation, instant délicieux. My soul is on fire, et pourtant cette question demeure :



De battre la campagne, mon esprit n'est jamais arrêté...


Ce post est dédié à Skim & Zyg.


PS : n'hésitez pas à me faire part de votre liste préférée 2006-2007, entre l'index_415 et l'index_517, on devrait s'entendre...

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Thursday, October 11, 2007

Puzzle

Le ciel d'automne est une douceur de courte durée.
Ce soir, le mien était chargé au sol, un brouillard impénétrable couvrait les habitations. Plus haut, il se libérait dans le bleu, sous les reflets rouges et roses d'un soleil invisible à l'oeil.

Une fausse aurore boréale se dégageait des nuages éclairés en biais.


L'occasion de s'éclabousser les yeux, sous un beat elliptique, hypnotique. Primeridian est un duo Hip-Hop de Chicago, lancé à la fin des 90's. Un de ces petits groupes mal distribués, qui avait tout pour me plaire, un flow presque chuchoté, des influences Soul et Jazz, la bande-son idéale pour ma toile.
Voici les deux faces d'un maxi sorti sur Guidance Recordings :

  • "Mental Void" (1999 - Guidance Recordings), le rythme est ma mélanine



Le train s'est arrêté, la nuit est tombée de toute façon...

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Sunday, September 30, 2007

Big Bad John

Après quelques jours passés sous un soleil créole, me voici de retour, avec mes mauvaises habitudes : le Sud, toujours plus au Sud. L'automne est la saison idéale pour renouer avec ce son qui ne retient pas les larmes.

L'homme du jour est né en Trenton, une petite ville de Caroline du Sud. Sa voix, il la travaille aux champs, en y alternant les spirituals et les blues. Adolescent, Big John Hamilton apprend la guitare aux côtés de Leroy Lloyd, et commence avec lui ses premiers concerts dans la clubs d'Augusta. Au fur et à mesure des gigs, John parfait sa technique en jouant avec Lloyd Price, Joe Tex, Hank Ballard, ou encore Etta James, jusqu'au début des 60's, mais il n'enregistre rien, et cela ne nourrit pas sa famille. John plaque tout, et reprend le chemin de l'usine.


Quelques années plus tard, son ami Lloyd le relance pour qu'il reparte sur les planches et pourquoi pas les studios. La rencontre avec le producteur Finley Duncan, propriétaire des labels Minaret et Playground, est décisive. Big John enregistre le 1er single en 1966. Une poignée de 45t suivront jusqu'à la fin de Minaret en 1971, sans grands succès, malgré les efforts de Finley. Le chant est pourtant simple, direct et touche au coeur, Big John est un diamant brut. Le style mélange la Soul de Memphis et de Muscle Shoals, et les rengaines country de la région.

L'intro du morceau qui va suivre vous poursuivra pendant longtemps, le chant vous envivrera jusqu'au petit matin :



Pour ceux qui souscriront à la 1ère écoute, ne manquez pas "How much can a man take" dans la plus pure tradition du son Southern.

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Monday, September 03, 2007

Sérieux comme le plaisir

A plusieurs reprises, j'ai eu l'occasion de vous conseiller quelques disques publiés pour le compte du plus fabuleux label de Soul encore en activité : Grapevine.
Depuis Juin,
l'un de ses fondateurs, Garry J Cape, est à la tête d'une nouvelle entreprise : SoulScape.

Le dessein n'a pourtant pas changé, ressuciter les morts, dépoussiérer les catalogues, fouiller les fonds de tiroir afin de nous inonder de la meilleure Soul. Il y a quelques semaines, est sortie une compilation de Rozetta Johnson, regroupant les enregistrements inédits ou non, du label Clintone, entre 1970 et 1975.


Commençons par les présentations d'usage (tirées des liner-notes de Paul Mooney), Rozetta est née à Tuscaloosa, Alabama, et a grandi sous la protection du gospel. A l'aube des 60's, elle prend son courage à deux mains et se lance sur la scène d'un petit club de Birmingham,Al. La jeune apprentie chanteuse multiplie les prestations, fait les 1ères parties pour Gladys Knight (Ah!), Carla Thomas ou encore Johnnie Taylor, et enregistre quelques singles sur des labels locaux.

Dix ans plus tard, Jesse L Lewis, patron de de Clintone et Moonsong, est sous le charme. Ces deux fantastiques sociétés sont pilotées par deux hommes de talent, Clinton Moore (A&R) et Sam Dees (producteur et compositeur). La distribution est assurée par Atlantic. Huit 45t verront le jour, sans grands retentissements... Cela ne nourrit donc pas la famille, Rozetta reprend des études, et poursuit avec ferveur et plaisir son chemin musical, en parallèle. La découverte récente de morceaux inédits a présidé à la sortie en CD de toutes ces pépites.



Ceux qui m'aiment prendront le lien

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Hardest working man

Au fur et à mesure des semaines, la descendance se précise. James Brown continue à faire la une. Je l'imagine, assis au bord du fleuve Savannah, en train de sourire aux évènements, malgré la querelle familiale qui fait rage.


De circonstance :

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Monday, August 20, 2007

Le dernier des romantiques

Triste nouvelle, Jon Lucien (1942-2007) vient de s'éteindre samedi. Je ne vais pas vous refaire la bio, car je n'en ai pas envie. Ce chanteur caraïbe avait un don rare, selon moi, celui de donner des couleurs à la musique.

L'effet est immédiat à l'écoute, étrange conséquence corticale d'un chant habité, digne d'un psychotrope qui vous invite à la langueur, à la sensualité. Laissons nous aller, laissons le s'en aller :



La liste funeste de 2007 ne s'arrête pas : Alice Coltrane, Eldee Young (Young-Holt), Joe Hunter, Alex Brown (Persuaders), Luther Ingram, Kim Tolliver, Freddie Scott, Lee Hazelwood, Max Roach...et Tony Wilson (Madchester) !!

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Sunday, July 29, 2007

The Glitzy

Lui aussi, il revient de loin...
Après un 1er single enregistré en 1969, Lee Fields marchera dans les pas du grand James B, avec style et élégance. La retenue n'est pas son fort, sa voix éraillée et intense tranche, découpe le vinyle des 45t enregistrés dans les 70's pour le compte de multiples petits labels. Son 1er album "Let's talk it over" sort en 1979 sur Angle 3.

Les années 80 sont faites de vaches maigres et de silence discographique, avant son retour dans les 90's sur Ace. Les albums s'enchainent sans grands succès mais attirent les oreilles des amateurs de deep-funk, Lee Fields publie
alors, seul ou accompagné (Sugarman Three), pour Soul Fire, Desco, Daptone, son propre label ou encore pour Truth & Soul Records. Sa collaboration récente avec Martin Solveig permet à ses costumes étincelants de briller à nouveau.


Il y a quelques semaines, est sorti son plus beau titre "My World" en 45t sur Truth & Soul, accompagné par The Expressions, un avant-goût de son nouvel album. C'est non seulement son meilleur à ce jour, mais aussi le meilleur single sorti cette année !
Partez sans tarder, à la recherche de ce single, les yeux fermés. Si vous ne me croyez pas sur parole, faites un pt'it tour pour écouter cette merveille.


Ne trainez-pas, vous le regretteriez. D'ailleurs, pour ceux qui ont raté les singles des années précédentes, voici la séance de rattrapage :




En bonus, le single du backup band The Expressions :




Vous retrouverez tout cela sur "Fallin' off the Reel"

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Tuesday, July 24, 2007

All that Jazz

A l'évidence, on peut se relever de deux hits fantastiques et puis de nouveau retrouver la route de la galère, de l'anonymat, des labels souterrains voire des placards, dorés de l'extérieur. Une histoire souvent contée en ces pages, le nom de Brenton Wood fait partie de cette liste interminable...

Alfred Jesse Smith (nom de baptême) voit le jour à Shreveport en Louisiane mais sa famille rejoint très vite la Californie. Il fait ses armes à Compton au sein des petites formations comme les Dootones, Les Quotations ou encore Little Freddy & the Rockets. Il se fait vite repéré par le duo Hooven & Winn, producteurs indépendants en herbe. Le 1er single est enregistré en 1963 pour le compte du label Wand, mais cela ne nourrit pas son homme, Brenton trime alors comme métallo. En parrallèle, il écrit quelques chansons.


Hooven & Winn fondent en 1966 leur propre label Double Shot Records, ils publient en 1967 une chanson d'Alfred/Brenton qui fera date, malgré ses paroles, le fameux "The Oogum Boogum Song", suivra "Gimme litlle sign". Brenton passe de l'ombre à la lumière pendant quelques années, avant que le label ne s'arrête en 1971. Toujours partenaires, les compères lui permettent d'enregistrer pour les labels Midget, Warner puis pour Cream. La période est créative, même si elle ne fait que suivre le sens du vent de cette époque 70's. Disco...


Le single que j'ai retenu aujourd'hui a d'ailleurs été repris par ces 3 labels successifs. Funky, Jazzy, idéal en cette période estivale pour vous accompagner sur la route :


Bonne route


PS : Parfois,
j'ai des hallucinations auditives, mais je trouve que la structure rythmique de ce morceau ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de "Je m'éclate au Sénégal" de Martin Circus, non ?

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Saturday, June 30, 2007

Un, Deux, Trois...

Il y a presque un an, je vous parlais des Lovelites. Malheureusement, la compilation "The lovelites Years" sortie en 1999 sur le label Chi City/Love Lite Records était épuisée, donc rare et par ricochet, très chère.


Grâce à Latin Soul Recordings, cet indispensable recueil est à nouveau disponible, à portée de toutes les bourses : "Sisters of Soul". Je ne vais pas vous refaire l'histoire du groupe, sachez que le titre "I'm not like the others" fait partie de mes titres Soul dédiés à l'éternité, tant la voix de ces anges vous transporte dans la stratosphère.Je vous propose un autre titre, qui ravira ceux qui avaient déjà succombé aux charmes du morceau publié en 2006 (AAG, Sonny, Tib'o...) :


Cette nouvelle version est agrémentée de quelques titres d'un autre trio vocal The Fuzz, originaire de Washington DC, l'occasion de ré-ecouter leur tube :





Ah, l'harmonie

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Tuesday, May 29, 2007

Sweet Talk

La confession intime en Soul constitue un vrai genre en soi, une figure imposée, qui mériterait bien un millier de pages, des centaines de commentaires, tant ses formes sont multiples...

Simple aparté, obéissant à la logique dramatique, le chant peut être le témoin d'aveux, de proclamations, de brusques prises de conscience. L'impact est dans la connivence, l'hérédité dans les notes bleues. Le regret ou le soulagement dans l'exercice.
Mais, tout s'envenime en duo, dialogues de poivrots, bagarres rangées d'un couple en train de disloquer, simagrées portées à l'attention du Divin. Le style est ancien, connecté avec un cérémonial du chant, répons, réverbations séculaires du Gospel.

J'ai choisi pour vous un magnifique réglement de comptes, en bonne et due forme, lancinant, hypnotique :




Ce titre est de Mike James Kirkland. Originaire du Mississippi, il s'est formé au travers du Gospel, avec ses frères et soeurs. Tenté un moment par le baseball, c'est la voix qui prend le dessus, au soleil de la Californie. En 1965, il fonde Mike & the censations, avec l'aide de son frère Robert et d'un troisième membre Armond Postell. Ensemble, ils publient "Victim of circumstances" sur leur propre label Bryan. Suivront d'autres singles pour le compte d'Highland ou encore de Revue. En 1969, il entame sa carrière en solo sur le label familal, après quelques années de gestation, sortent 2 albums "Hang on in there" (1972) et "Doin't it right" un an plus tard, dont le titre est extrait. L'indépendance a un prix, celui de la confidentialité, le succès est restreint à la Bay Area.

Les deux frères décident alors de publier pour Claridge et Mike se mue en Bo Kirkland, en enregistrant plusieurs duos avec Ruth Davis. Il arrête la musique en 1976, et rejoint bientôt une chaine télé locale, en parrallèle de ses activités religieuses. Et puis, 20 ans plus tard, Ubiquity ré-édite ses albums : le choc !

it ain't easy...

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Sunday, May 20, 2007

Un ptit tour à Washington - Vol II

Retour à la "Chocolate City"...

Carl "Maxx" Kidd fut l'un des acteurs discrets de la scène soul/funk et bientôt Go-Go de DC, artiste mais surtout producteur. Une compilation récente lui a rendu hommage : "Wasington Lost Soul". Certes, c'est la toute petite histoire qu'on touche ici, mais c'est la plus essentielle et la plus touchante. Voici quelques traces de cette vitalité locale.

En 1965, 7 jeunes musiciens fondent les "Dimensions", bientôt renommés comme les empereurs du Go-Go (Ndlr avant même chuck Brown paraît-il), ils deviennent les Young Senators et enregistrent deux singles pour le compte de l'ephémère label "Innovation Records". En dehors de cette courte contribution à DC, ils sont bientôt engagés par Eddie kendricks, et lui permettent de s'émanciper du classique son Motown.
Back in the days :

Une autre formation, Face Value, un groupe qui a disparu des mémoires, mais le titre qui suit est prodigieux, emporté par la voix de Keni St Lewis, qui deviendra un célèbre compositeur/producteur (Sylvers/Tavares/Minnie Riperton...) :


Curieux, amateurs des petits riens, c'est pour vous

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Sunday, May 13, 2007

Sweet & Mellow

Le dollar est fort avantageux depuis plusieurs semaines, plus il est intéressant, plus je deviens déraisonnable, une bonne excuse pour dépasser les bornes...

En 1974, est sorti un album fantastique "Where or When", le 2ème après un album éponyme publié un an plus tôt . Une voix sublime, d'une suavité exceptionelle servie par un arrangement complexe mais respectueux du chant, je souhaite vous parler de Norman Feels, dont Sonny nous avait touché un mot dans un ancien commentaire.


A l'écoute, vous penserez sans doute aux plus grands (inutile de les nommer). Allongé confortablement dans un fauteuil de votre salon, tu prendras bien un peu de Mellow ? En voici un de taille... Il est difficile de comprendre l'injuste silence qui a entouré Norman, un problème absurde de distribution, sans doute. En attendant, place à une merveille qui va réchauffer le coeur des plus endurcis :

  • "Movie" (1974 - Just Sunshine), à ce tarif là, je vais au cinéma tous les jours


Un Album indispensable, n'hésitez plus

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Sunday, May 06, 2007

Un ptit tour à Washington - Vol I

Injustement oubliée dans l'histoire de la musique américaine face aux grandes villes du Nord, et plus encore à celles de Sud, Washington a pourtant été un des éléments majeurs de cette riche épopée. Je cherchais une bonne occasion de vous en toucher un mot, de réparer ces oublis et de vous proposer une selection très subjective (cela va de soi). C'est chose faite, suivez le guide...

De lui, on ne sait pas grand chose, décrit dans les liner notes comme un "obscure Soulman". On croit savoir que le bonhomme vient de Washington DC, voire de Baltimore.
Les traces qui subsistent de Bobby Reed sont rares, sur les labels Bell, Clayton/Brunswick, Loma & Shrine.

Un homme obscur sur des labels qui le sont tout autant... Prenons le label Shrine, fondé à Washington DC en 1963 par Raynoma Gordy, 2ème femme de Berry fondateur de Motown, et Eddie Singleton, connu chez Brunswick (A&R). Ce label ne durera que 3 ans, avant que l'essentiel des rares sorties (seuls 19 singles au total) ne disparaisse en fumée lors d'un incendie, durant les émeutes de 1968. De quoi satisfaire l'appétit des collectionneurs pour "The Rarest Soul Label Ever".

Mais revenons à Bobby Reed, il enregistre en janvier 1966 deux singles qui ne paraitront pas à l'époque, mais qui sont disponibles depuis l'énorme travail d'archéologue d'Andy Rix :



Puis vint un single sur Bell Records, sous la houlette du producteur Van McCoy lui aussi originaire de DC, un single qui s'échange à des prix prohibitifs sur le net, mais qui figure souvent sur les playlists des DJ britanniques, et donc forcément sur des tas de compilations, dont celle-ci. Les arrangements sont de ceux qui me font immédiatement accrocher et qui laissent apparaître toute l'intensité de l'interprétation de Bobby, une bombe :


Si vous avez plus d'informations sur Bobby, chers Soul Détectives around the world, je suis preneur...

En attendant la suite de notre visite, je vous invite à faire un tour sur le site de DC Soul Recordings, qui collecte les fragments de l'histoire Soul d'une ville sous forme de 45t.

Et pourquoi ne pas patientez avec un bon polar, en compagnie d'un autre personnage originaire de la capitale dont nous reparlerons plus en détails : George Pelecanos...

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Friday, April 06, 2007

Sound Stage 7 - Vol III

Nashville, Terminus !

Finissons ce voyage au coeur de la Music City, avec Moody Scott qui enregistra le dernier single de la 1ère série de 45t. Originaire de Louisiane, il a débuté dans les 50's avec son groupe Moody & the Deltas, avec des morceaux comme "Everybody come clap your hands". Son titre le plus connu reste "(We Gotta) bust out of the Ghetto". Voici donc le morceau qui marque la fin d'une époque chez SS7 :


L'année 1970 marque la fin du contrat du fabuleux John R avec Monument. Ce dernier fonde son nouveau label Seventy Seven (adepte de la numérologie ?). La star de SS7, Joe Simon, est partie pour New York. Tout cela n'a plus le même goût et la fin approche inévitablement. Une fantastique histoire vient de s'achever, mais le label produit encore quelques perles dans ses dernières années.


Les éphémères Continental Showstoppers, sous l'égide de Jackey Beavers, signent un titre moins funky que "Goobah", mais parfaitement entrainant. Ce single s'échange à prix d'or :


Pour finir, un groupe de Caroline du Nord, Brief Encounter, auquel croyait beaucoup John, puisque il a publié sur la label Seventy Seven un album :



Vous retrouverez tout cela sur cet indispensable recueil

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Tuesday, March 27, 2007

Sound Stage 7 - Vol II

Nashville, nouvel arrêt.

Reprenons notre visite du catalogue Sound Stage 7 avec une voix injustement oubliée dans la plupart des ouvrages concernant la Sweet Soul Music. Sam Baker, natif du Mississippi, a débuté sous les auspices de Clyde McPhatter, ce qui est plutôt de bon augure. Ses premiers singles sortent sur les obscurs labels Copa, Athens, fortement influencé par la musique du diable.

Le passage sur SS7 le libère de ses premiers amours et révèle la vitalité de son âme, la puissance et l'amplitude de son registre vocal. John Richbourg n'a pas ménagé sa peine, puisqu'il n'a cessé d'enchainer les singles, sans que le succès ne vienne reconnaitre le talent de Sam.

Pourtant, l'organe se révèle stupéfiant, immensément riche en nuances. Cette voix se mérite, il faut plusieurs ré-écoutes pour mesurer l'injustice du destin de Sam. L'entente entre Richbourg et Baker prend fin en Juin 1969, après une nuit d'hôtel impayée aux Bahamas.

Je vous propose de commencer par la fin avec la dernier 45t enregistré pour le compte de John R, le tempo est vif et la Sam s'envole à en perdre haleine vers des sommets fiévreux, avec une putain de section cuivres qui lui colle au train :





Deux ans auparavant, Sam revisite le tube de Bobby Hebb, et réveille les cicatrices laissées par une bagarre dans un Nashville fumé au pétrole :

  • "Sunny" (1967 - SS7), une face B... injuste

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur le caractère indispensable de ces enregistrements, terminons par une ballade :



3ème et dernier volet en fin de semaine...

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Monday, March 12, 2007

Sound Stage 7 - Vol I

Quittons le ring pour retrouver le Deep South.

Un label de Soul à Nashville, c'est un peu l'incarnation de mon rêve le plus fou, un fantasme devenu réalité.

En 1958, Fred Foster fonda le fameux label Monument, dédié à la Country, au Rock'n Roll et au R&B. Le 1er hit "Only the lonely" fut apporté par Roy Orbison, suivront bien d'autres légendes, même Charles Aznavour pour la petite histoire. Parmi le catalogue, figurent des amis de longue date Kris Kristofferson, Tony Joe White, Larry Jon Wilson...Originaire des Appalaches, Foster n'en est pas à ses débuts, puisqu'il a d'abord signé quelques chansons, puis a bossé dans les 50's pour ABC et Mercury à la promotion, c'est lui qui a d'ailleurs découvert Llyod Price.

Mais revenons à nos moutons. Fort de son succès et d'une demande croissante de R&B, Fred Foster lance en 1963 une subdivision, Sound Stage 7. Les 1ers singles concernent The Dixiebells, The Monarchs...
Le décollage se réalise à partir du moment où Foster fait appel à une des légendes de Nashville, le deejay John Richbourg (WLAC). Il lui laisse le contrôle total du label en tant directeur A&R. Foster a le nez creux en plaçant Richbourg, fan de gospel, surnommé le "white cat with a black soul". Avec ses shows radio, cet homme a influencé tous les futurs acteurs de la Soul, a touché des millions d'auditeurs bancs ou noirs en leur ouvrant les oreilles, en façonnant les futures success stories de la musique noire.

Un choix sûr, une oreille exercée lui ont permis de produire de magnifiques interprètes à la voix terriblement dévastatrice avant l'arrêt du label en 1977. John R, une légende.

Commençons avec une voix qui ferait trembler le plus insensible de mes lecteurs, tant son chant est habité, magique, incantatoire. Ella Washington enregistre 10 singles pour le compte de Sound Stage 7, le 1er en 1967 écrit par Bobby Womack, enregistré avec son concours au studio Fame :


C'est elle qui aura la douloureuse charge d'enchainer plusieurs gospels lors des funérailles du producteur/deejay en 1986.

Si vous souhaitez remonter le temps, vous pouvez écouter un set de John à cet endroit (c'est fantastique, je me vois descendre en bagnole les rues de Nashville par une belle journée de printemps).


En attendant, poursuivons avec Ella, l'intro de ce 2nd morceau a tout simplement le pouvoir de faire tomber l'obscurité, même par une journée ensoleillée. Eclipse surnaturelle d'où surgit une voix scintillante :



Restons en très bonne compagnie avec Charles Smith, hanté par le gospel interprète ici une composition de Phillip Mitchell :


Avant le prochain post de cette série dédiée au label, je vous laisse sur les notes d'un blues doux et langoureux, signé par Fenton Robinson :


Clin d'oeil à l'ami Sonny en ce jour béni

L'affreux

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PS : Je reçois régulièrement des mails concernant la promotion de 1ers albums de divers groupes, c'est très souvent ennuyeux et très éloigné de la musique qui passe ici-bas.

Un des derniers mails a pourtant attiré toute mon attention, il s'agit de Crëvecoeur. Leur musique renvoie à plein de choses qui me sont chères : westerns, mexique, Comelade... Pas étonnant qu'ils fricotent avec les Disques du soleil et de l'acier.

L'album est sorti ce jour, foncez



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