la case de l'affreux thom

Thursday, January 03, 2008

La vie et rien d'autre

En ce début d'année, pas de bonnes résolutions, pas de bilans, pas de statistiques, pas d'élections du meilleur disque, rien de tout cela. Il y a plus important....

Dimanche soir, l'œuvre télévisuelle la plus aboutie
à ce jour, la plus exaltante va reprendre, pour une 5ème et ultime saison. Ce chef d'œuvre, c'est celui de David Simon et de HBO, la série : The Wire ("Sur Ecoute"). Pour ceux qui ne connaissent pas le show, The Wire est une "fausse" série policière qui se déroule à Baltimore, opposant la police et les dealers de la partie Ouest de la ville. L'intrigue terriblement bien ficelée assure la continuité dramatique, mais sert plutôt à décrire toutes les interactions complexes entre les membres de la cité : politiques, forces de police, truands, habitants, travailleurs sociaux...sans oublier le système économique qui sous-tend l'ensemble. De tradition classique en somme.

Cette série prend son temps, autour de personnages évolutifs et complexes, avec tout le suspense que suppose l'exercice. Un épisode semble toujours plus lent et plus dense que dans d'autres séries, on quitte à chaque fois les acteurs, comme on quitte le chapitre d'un roman. Ils continuent à vous hanter, tant les détails sont multiples et révélateurs, entre l'individu et les systèmes en place.


David Simon connait bien le sujet en tant qu'ancien journaliste pour le Baltimore Sun, il a écrit un roman en 1988 qui servira de base à la future série "Homicide : life on the street". Au milieu des 90's, il écrit et produit une mini-série "The Corner", prototype de "Sur Ecoute". Il s'est entouré pour ces cinq saisons d'autres plumes talentueuses, George Pelecanos, Dennis Lehane, Ed Burns, Richard Price et David Mills. Tout cela donne à la narration, au cadre, au jeu des acteurs, un caractère exceptionnel.

Bien entendu, la musique y tient une place de choix. Deux jours après la reprise de la saison, va sortir une compilation sur Nonesuch "The Wire : And all the pieces matter" , doublé d'une seconde intitulée "The Wire : Beyond Hamsterdam".
A l'intérieur du livret, c'est la paradis, des textes de Pelecanos, un interview de Simon par Nick Hornby (à ne pas rater), un texte de Jeff Chang (et oui "can't stop, won't stop...").


La musique du générique est une des rares que je laisse se dérouler entier à chaque fois, puisque c'est "Way Down in the hole" de Tom Waits, avec plusieurs versions selon les saisons, une par les Neville Brothers, une par DomaJe, et choisie ce soir, celle des Blind Boys of Alabama :


Et puis, il y a la rue, les projects, les corners, la musique sur le sujet ne manque pas, accompagnant chaque pas, commençons par Anthony Hamilton :


Une autre emblématique, un classique, par Mobb Deep :



Et pour terminer, une saison se finit toujours sur un moment magique, un montage final avec juste la musique. Loin d'un schéma moral et des discours à la con, ces quelques notes nous démontrent que la vie reprend son cours, sans gagnant ni perdant, chacun sur sa route, en faisant ce qu'il peut. Solomon Burke ne me démentira pas, avec cette reprise de Van Morrison :



La vie et rien d'autre...

Labels: ,

Saturday, February 17, 2007

Quatre Boules de Cuir - Vol I

Je sens le charriage fondre sur moi, mais peu importe...

Je suis sorti très troublé de la projection de Rocky Balboa, la semaine dernière. Un peu abattu, ému, j'ai regagné mon domicile. Pas démarche triomphante du genre "Gonna Fly Now" en remontant les marches de l'appartement, j'étais hanté par le thème :


J'entends aller bon train les commentaires sur la morale simpliste du scénario, mais je dois confesser que j'adore ça, même les petites phrases du genre "ce qui importe, ce n'est pas de cogner mais d'être cogné, et de continuer à boxer", j'opine bêtement du chef.

Je n'ai jamais aimé le sport, et la morale du sport. La boxe, ce n'est pas du sport, c'est un univers, un art, une dramaturgie digne des Anciens. Et bien sûr, elle a son folklore dont la série Rocky fait partie.


Je suis rentré me replonger avec avidité dans les bandes originales, pour prolonger ce drôle d'état. A la baguette et au stylo, c'est Bill Conti. Le groupe qui interprète l'essentiel des séquences est Valentine, groupe de Frank Stallone, frère de Sly. Souvenez-vous, au milieu du 1er épisode, au coin d'une rue, face au brasero, ils se lancent dans un mémorable choeur a capella :


N'oublions pas au passage cette sublime plage funky, douce rêverie instrumentale qui se prolonge en saturation électronique :


Ce dernier instru résonnait encore, un écho subsistait quelque part, mais où ? Au bout de quleques minutes, je soufflais sur un peu de poussière pour découvrir que Rob Gallagher et Galliano ne s'étaient pas donnés beaucoup de mal, en le reprenant tel quel :



Je vous laisse, j'enfile mon survêt...

Labels: ,