La réalité dépasse l'affection
Il y a quelques temps, j'avais évoqué dans des post différents, l'ombrageux Don Robey patron de Duke Peacock et le tombeur Bobby Blue Bland. Le destin de ces deux personnages fut intimement lié.
Don Robey fut à l'origine du vrai lancement de la carrière de Bobby mais fut aussi celui qui lui pourrit la vie jusque dans les 70's, date du rachat de Duke par ABC Records.
Né en 1903 à Houston, Don Robey a arrêté très tôt l'école avec l'ambition de devenir joueur professionnel. Après avoir lancé une compagnie de taxis, Robey passionné de musique, ouvre un night club et un magasin de disques. Cet entrepeneur se retrouve vite manager puis patron de la firme Peacock dans les 50's produisant Memphis Slim et Big Mama Thornton avec le célèbre "Hound Dog". Il met en place en 1953 un partenariat avec le label Duke de Memphis, dont il prend rapidement le contrôle. Il produit Johnny Ace, Little Junior Parker, Roscoe Gordon. En 1957, il sort le single "Farther Up the Road" de Bobby Bland, pour lequel il a perçu un potentiel commercial important. Bien entouré, il sort de nombreux disques de Gospel via son Song Bird Label et fonde la filiale Back Beat sur lequel sort des disques de OV Wright, Joe Hinton et Carl Carlton.
Ce producteur de talent avait la facheuse habitude de créditer les morceaux aux noms de compositeurs fictifs, comme Deadric Malone, afin de pas payer de royalties. En cas de contestation, Robey ne manquait pas de menaces en tout genre pour faire fléchir les plus tenaces. Little Richard est intarissable sur le sujet.
Quant à Bobby, un des acteurs du "Memphis synthsesis", on lui doit d'avoir établi un pont enre le blues et la soul. Qui mieux que lui confère une telle intensité à l'interprétation, donnant à l'auditeur l'impression que ces histoires ont été vécues et profondemment ressenties par le chanteur.
La chair de poule à chaque écoute, accentuée par ce cri entranglé si particulier emprunté au Révérend CL Franklin. Tout cela est le fruit du travail de modelage de Joe Scott, coach de génie missionné par Robey, pour tirer la magie de ce mécanicien du Tennessee.
Ce n'est plus une voix, mais un véhicule divin qui met en scène sous nos yeux des histoires poignantes, un dramaturge inspiré qui fait partager le pire comme le plus doux du quotidien de l'homme moderne.
on écoute les yeux fermés, des extraits de "Two Steps from the blues" :
- "Cry, Cry, Cry" (Duke -1960)
- "Lead me on" (Duke - 1959), morceau mésestimé
puis des extraits de l'indispensable "California album" :
- "This time i'm gone for good" (MCA - 1973)
- "(If loving you is wrong) i'don't want to be right" (MCA - 1973)
- "Help me through the day" (MCA - 1973)
Pour les mécréants, je conseille un passage au temple afin de rencontrer un révérend digne de "la nuit du chasseur", qui cite d'excellents passages du grand livre.
I'll take care of you




2 Comments:
J'ai eu le privilège de voir cet homme sur scène ainsi que Johnny Taylor et Denise Lasalle au début des 90's...C'est mon préféré de chez Malaco avec le génial et enterré ZZ Hill ( lui pas vu ).
Une autre époque...
Alcapoon Jr
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Anonymous, at Mon Apr 11, 04:53:00 PM
je suis également fan de Bobby Bland, je recommande outre les coffrets MCA (malheureusement introuvables) qui regroupent tous ses enregistrements Duke, l'album "His California Album", pour moi superbe.
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Anonymous, at Fri Feb 17, 01:37:00 PM
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