la case de l'affreux thom

Sunday, April 24, 2005

Angels Share

Fort occupé ces derniers jours, ce n'est qu'aujourd'hui que je peux reprendre la plume.

Attardons-nous un instant sur un procédé de fabrication...
Une fois malté, brassé, fermenté puis distillé, l'orge connaît une phase de maturation avant de donner le meilleur des Whisky single malt. L'alcool obtenu, le fameux new spirit, va vieillir dans un fût de chêne usagé. Ces fûts ont préalablement contenu du porto, du bourbon, du sherry...
Une partie du whisky va s'évaporer petit à petit du tonneau poreux. 1 à 2 % du contenu s'envole ainsi dans l'air ambiant tous les ans, c'est la divine "part des anges".
Personne n'a accès, par essence, à cette "part des anges". Cette évaporation me fascine, m'amène à construire les théories les plus saugrenues. En effet, la partie la plus volatile disparaît... Est-ce la meilleure part qui s'envole du fait de sa purété ? Ou au contraire, est-ce le résultat de subtils mélanges, du fût au chai, qui donne à cette part son côté éthéré, insaisissable et si particulier ?

Nelson George, dans son ouvrage "The death of the Rhythm & Blues", défend l'idée selon laquelle la recherche obstinée de l'intégration n'a finalement pas changé grand chose au sort de la communauté noire aux Etats-Unis. Citant Nathan Glaser pour étayer son propos, " The negro now demands entry into a world, a society, that does not exist, except in ideology. In that world, there is only one American Community, and in that world, heritage, ethnicity, religion, race are only incidental and accidental characteristics."
En musique, cette obsession a finalement dilué, absorbé ce qui caractérisait la musique noire dans la culture mainstream, véritable suicide culturel aux yeux de l'auteur.
Le crossover fut donc fatal au courant "Rhythm & Blues". Reste à reconquérir, à reconstruire cette identité, en exprimant son originalité loin du syncrétisme actuel.
Cette musique Soul, que j'aime tant, a su conserver son expression unique jusqu' au milieu des années 70's. A y regarder de plus près, cette part des anges musicale s'est nourrie,
depuis l'origine , de l'influence de divers courants, à l'instar du single malt qui se nourrit du fût, de l'air ambiant, de la tourbe utilisée pour le séchage...

La pureté n'existe pas. L'originalité, la force d'expression de cette musique s'affirment à l'écoute, les mélanges qui ont produit les évolutions de ce courant ont été fascinants tant qu'ils ont respecté de savants équilibrages, par l'entremise de producteurs audacieux. La suite a souvent généré une bouillie impropre.

Ecoutons un drôle de mélange, injustement objet de railleries, Wayne Cochran, the white knight of soul. Né en 1939 à Thomastown, Georgia, Wayne débute sa carrière sur de petits labels, avant de pousser les portes du label King à partir de 1964. Influencé par James Brown, il influença à son tour Otis Redding. Elvis fut a priori très impressionné par la garde robe de Wayne, lors d'un passage à Las Vegas où Wayne & ses CC Riders se produisaient. Cette vie ne lui réussit guère, puisqu'il abuse de produits illicites, perd sa femme, et il voit rapidement sa santé se dégrader.
Volant une bible Gideon dans un motel, selon la légende, Wayne rejoint finalement le chemin de Dieu, en devenant pasteur. Un Pécheur repenti de plus.
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on écoute plusieurs extraits de son parcours, sur "Get Down with it!" :

Example

Je savoure les arômes...

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